Sur l’exploitation des ressources féminines au XXIe siècle : Le 23 février 2022, le projet carat – caring all together de l’ Université de Brême une lecture avec la chercheuse sociale, sociologue et auteure Dr. Franziska Schutzbach, qui a récemment publié son livre « L’épuisement des femmes. Contre la disponibilité féminine ».
La crise des soins en tant que phénomène social persistant et pertinent
Le titre à lui seul était une provocation, comme elle l'a elle-même admis, mais une provocation justifiée – comme en témoignent les réactions du public (en ligne). En substance, le message était : « J'aurais aimé lire ce livre il y a 30 ans. ».
Il apparaît clairement que la question du soin n'est pas nouvelle, ni un problème limité à quelques femmes*, mais qu'elle imprègne toute la société et influence la politique, les affaires et la science. Le projet Carat s'appuie sur ce constat, visant à relier ces domaines et à créer un réseau entre les acteurs concernés.
Lecture intéressante sur un débat actuel concernant la dévalorisation des femmes et les nouvelles perspectives acquises
Cet ouvrage aborde l'épuisement, la disponibilité et la résistance des femmes face à l'exploitation socio-économique*. Cet épuisement fait partie intégrante de leur réalité quotidienne. Franziska Schutzbach explore les origines de cet épuisement, les raisons pour lesquelles il est souvent considéré comme allant de soi et les solutions possibles pour le contrer.
Elle souligne que, dans les faits, la société attend des femmes qu'elles soient polyvalentes. Elles doivent être sûres d'elles, intelligentes, minces, sociables, instruites, branchées, indépendantes et avoir une vie sexuelle active. Mais bien sûr, elles ne doivent pas oublier leur rôle essentiel de femmes attentionnées et généreuses, car c'est ce qu'elles « doivent » à la société.
Dans son livre, Franziska Schutzbach explique clairement que l'on attend des femmes qu'elles soient constamment parfaites et disponibles, et comment notre système social capitaliste profite du travail de soin non rémunéré qu'elles effectuent.
Un plaidoyer à portée sociale critique visant à autonomiser les femmes
De plus, dans sa présentation, elle décrit des situations que beaucoup de femmes* connaissent et auxquelles elles peuvent s’identifier – c’est peut-être une des raisons pour lesquelles sa présentation à carat a reçu une réponse si positive.
Il s'agit d'un appel aux femmes* à examiner leur propre rôle en tant que FLINTA (FLINTA* désigne les femmes, les lesbiennes, les personnes intersexes, non binaires, trans et agenres, c'est-à-dire les personnes discriminées par le patriarcat en raison de leur identité de genre. Plus d'informations sont disponibles sur frauenseiten-bremen.de), mères, filles, sœurs et amies, et à apprendre à nommer les inégalités, notamment celles liées à la « charge mentale ». L'auteure dénonce elle-même cette exploitation des ressources émotionnelles, physiques et temporelles des femmes* et précise que le capitalisme repose sur l'exploitation des ressources féminines*.
Avec sa sincérité et sa franchise, elle encourage les autres femmes* à défendre leurs droits, à dénoncer les injustices et à lutter pour un avenir meilleur. Une lecture idéale pour la Journée internationale des femmes qui approche !
aura lieu en mai 2022 la Semaine de l’équilibre travail-vie personnelle de l’Université de Brême .
Cette recommandation de livre a été rédigée par Aslihan Yesilyurt, Nieki Samar, Lea Scholz et Daria Kulchenko, membres de l'équipe de carat – prendre soin les uns des autres.
« L’épuisement des femmes : contre la disponibilité féminine », de Franziska Schutzbach, a été publié en octobre 2021 par le groupe d’édition Droemer Knaur. L’édition reliée coûte 18 €, le livre numérique 15,99 €.
Aujourd'hui, 8 mars, plusieurs événements sont organisés à Brême pour célébrer la Journée internationale des femmes : manifestations, séminaires, conférences et ateliers.
Pour consulter le programme complet, cliquez ici.